IMMOBILIER RÉSIDENTIEL : Trois tendances selon Sylvie Ménard



Les courtiers immobiliers résidentiels sont nombreux dans les métropoles. Pourtant, la profession n’a rien d’une sinécure. Gestion, service client, allers-retours, visites multiples, surprises et aléas des émotions : Sylvie Ménard a presque tout vu depuis qu’elle s’est lancée dans le métier. Dans le quotidien de cette courtière, la routine n’existe pas. « Je me réinvente à chaque transaction, sept jours sur sept. » À Montréal, le marché de l’immobilier résidentiel bouge à haute vitesse. Voici les tendances qu’elle observe :


1. Un marché de vendeur


Actuellement, le marché immobilier favorise nettement les vendeurs, notamment dans certains secteurs de Montréal, dont le centre-ville, Saint-Henri, le Mile-End, le plateau Mont-Royal, Outremont et, plus récemment, HOMA (Hochelaga-Maisonneuve).


Un phénomène de rareté commence à s’installer dans ces secteurs. Comme courtier, il s’avère plus difficile qu’auparavant de trouver une propriété répondant aux besoins précis et toujours plus exigeants des nouvelles générations ou des baby-boomers. Toujours d’actualité, le marché de la copropriété est particulièrement florissant à Montréal. Par exemple, des projets situés dans Griffintown, au centre-ville, ou dans Villeray se vendent rapidement grâce à la présence du métro et la proximité d’épiceries fines, boulangeries, boutiques, restos, cafés.


2. Une demande segmentée

Le monde de l’immobilier évolue en fonction du rythme et surtout du mode de vie des Québécois. Rarement voit-on des gens vivre au même endroit pendant plus de 25 ans. Des exemples de cette mobilité? Les milléniaux qui voyagent et travaillent partout à travers le monde. Les personnes plus âgées vendent leur condo afin de découvrir elles aussi la planète. D’autres vont acquérir une propriété près de la montagne pour s’adonner à leur passion du plein air. En attendant, un fait est à noter par rapport aux autres générations : les milléniaux et la génération Y veulent s’établir sur l’île de Montréal, près des bonnes écoles. Tous évoquent le même argument : « On ne veut pas de ponts et, surtout, on veut avoir accès à tous les services à proximité. » De plus, on assiste au retour en ville des baby-boomers qui vendent leur résidence située à l’extérieur de Montréal. Leur désir est de dénicher la propriété de leurs rêves en prenant bien soin de porter attention aux détails de la modernité (LEED, géothermie, planchers radiants, insonorisation, domotique, etc.). Leur choix tiendra compte de l’environnement, dont un espace vert ou un parc. On remarque aussi que de plus en plus d’acheteurs proviennent de l’Europe, des États-Unis et de l’Asie.


3. Le luxe


Le prix des propriétés connait une hausse importante depuis quelques années. Et le phénomène va encore s’accentuer en 2018. La Chambre immobilière du Grand Montréal rapporte des ventes record pour le mois de février. Les gens sont prêts à investir plus de 600 000 $ dans l’achat d’un condo au centre-ville de Montréal. Sur ce plan, Montréal rattrape son retard sur Toronto et Vancouver. Le luxe est devenu un phénomène marquant du fait de la faiblesse de notre dollar. La clientèle européenne ou américaine n’hésite pas à débourser 1 M $ et même plus de 2 M $ pour une propriété.




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